Hier encore, j’étais condamnée à être brulée vive
Sorcière, je conjurais le sort ou scellais la mort
Répudiée et bannie par l’église vindicative
Je façonnais pour tsars et rois poudres de poison ou
d’or
Farouche Gitane aux longs cheveux sombres
Dans ma roulotte aux tentures de velours cramoisi
Aura flamboyante ou déesse de la pénombre
J’invoque les oracles, implore Dieu, usant de grigris
Je suis Bohémienne, scrutant les lignes de la main
Sur les marches du Palais ou sur l’autel de la cathédrale
Je m’en vais te conter, à la pleine lune, les lendemains
Deviner ton sort et prédire la vie dans ma boule de cristal
Sur étoffes de soie, j’aime peindre les couleurs de l’orient
Hasard du tirage, je prophétise les cartes d’un temps lointain
Surgissent évènements, bouleversements, rêves luxuriants
Mes yeux de braise s‘enflamment, dévoilent chance et destin
Fée de l‘ombre, drapée en diseuse de bonne aventure
Dame Terre, étoiles, planètes déchirent le voile des sortilèges
Je contemple les cartes du ciel pour sceller un futur
Taire à jamais les secrets inavoués et chanter l’amour en florilège
Cristal,
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